Confinement
Je suis rentré chez moi et j'ai écouté bien plus attentivement que d'habitude l'allocution du Premier ministre à la nation.
Normalement, j'écoute ou je lis les déclarations des différents dirigeants ou fonctionnaires dans la perspective de voir s’ils disent quelque chose de notable dont je pourrais avoir besoin pour le mentionner dans mon rapport à Hazour. Cependant, à cette occasion, mon premier intérêt était de voir comment les instructions du gouvernement affecteront ma capacité de faire mon rapport pour les Mulaqat.
Comme prévu, le Premier ministre a annoncé un confinement. Cependant, il a aussi dit que s'il était impossible pour quelqu'un de travailler à domicile, il serait autorisé à continuer d’aller travailler. Quand j'ai entendu cela, mon instinct d'avocat, qui était resté en veille depuis ces 13 dernières années, a été instantanément ressuscité. La première pensée qui m'est venue à l’esprit était « échappatoire » !
Je me suis convaincu qu'il ne m'était pas possible de faire des rapports pour les Mulaqat avec Hazour en travaillant à domicile, donc ce ne serait pas faux ou illégal pour moi de continuer à partir faire les Mulaqat. Cependant, compte tenu des instructions et des conseils que Hazour m'avait donné plus tôt dans la journée, je savais que je ne pourrais pas simplement me faire annoncer pour les Mulaqat mais que je devrais plutôt demander l’autorisation de Hazour, ce que j’ai dûment fait.
En réponse, j'ai reçu l'instruction suivante de Hazour :
« Pendant cette période, venez à Islamabad un jour par semaine puis restez à la maison le reste de la semaine. Si j'ai besoin de vous pour un travail particulier, je vous appellerai pour venir à Islamabad si nécessaire. »
En lisant ceci, j'ai ressenti un mélange d'émotions. Je me sentais triste que mon occasion quotidienne de rencontrer Hazour soit ajournée indéfiniment. D'un autre côté, j'ai ressenti un soulagement car, au moins j'étais toujours autorisé à le voir sur une base hebdomadaire.
Un changement de rythme
Les jours suivants ont été pour moi un changement complet et un nouveau style de vie. Pendant 13 ans, mon quotidien a tourné autour des Mulaqat. C'était le centre de ma vie. Mon bureau et ma vie de famille tournaient autour des horaires des Mulaqat. Maintenant, tout d'un coup, je travaillais chez moi, il n'y avait pas de trajet quotidien pour aller à Islamabad, il n'y avait pas de préparation quotidienne de notes pour les Mulaqat. Au lieu de cela, comme des millions d'autres, j'étais soudainement plongé dans le monde inconnu de l'enseignement à domicile.
Au cours de cette semaine et de celles qui ont suivi, Google s'est avéré être un allié fidèle, car cela m'a aidé à naviguer à travers les défis d’enseigner à mon fils aîné. À vrai dire, j'ai bien apprécié les deux ou trois premiers jours du confinement. Le temps était extrêmement agréable et j'en ai donc profité pour marcher dans mon jardin chaque après-midi alors que le soleil brillait sans nuages au-dessus.
De plus, même si le fait de voir Hazour m'a beaucoup manqué, cela n'a pas été le cas pour le long trafic que j'ai souvent rencontré en partant vers et au départ de Islamabad. J'avais hâte de bientôt me présenter à nouveau à Islamabad.
Une ambiance différente
Très gracieusement, Hazour m'avait laissé le soin de choisir quel jour de la semaine je voulais venir à Islamabad et j'ai donc choisi le vendredi. Ayant rencontré Hazour pour la dernière fois un lundi, j'étais excité et joyeux d’être vendredi.
Le 27 mars, je me suis rendu à Islamabad. Bien que ma Mulaqat n'était que le soir, par pure anticipation et excitation, je me suis rendu à Islamabad le matin.
Malgré mon bonheur à la perspective de voir Hazour, je me sentais triste qu'il lui fut impossible de prononcer son sermon du vendredi en raison des restrictions du confinement. A la place du sermon, le Calife a livré un message en direct de son bureau.
Plus généralement, j'ai été choqué de voir à quel point depuis ma dernière visite, l'atmosphère à Islamabad avait changé seulement en trois ou quatre jours. Bien que des mesures de précaution, telles que le contrôle de la température, aient pris place pendant quelques semaines, j'ai fait vérifier ma température trois fois avant que je sois autorisé à entrer dans l'enceinte pprincipale.
Islamabad semblait étrangement calme. Je n'ai vu personne sur place qui n'habitait pas à Islamabad, à l'exception de quelques membres de l'équipe MTA. La plupart des habitants d'Islamabad sont restés dans les quatre murs de leur maison. Toutes les personnes que j'ai rencontrées, y compris le personnel du bureau de Hazour, portaient un masque. Je n'avais pas de masque moi-même et je me sentais donc exposé et inconfortable, donc la première chose que j'ai faite était d'en trouver un.
À ma grande surprise, on m'a dit que les Khuddamul Ahmadiyya avaient certains tests de coronavirus et que plusieurs employés du bureau avaient passé le test dans les derniers jours. J'ai demandé si je pouvais aussi être testé et j'ai été soulagé quand le résultat du test fut négatif.
Vers 18h30,Alhamdolillah, j'ai pu à nouveau rencontrer Hazour, présenter mon rapport et passer du temps en sa bienheureuse compagnie.
J'étais heureux quand Hazour a dit :
« Même si j'avais dit que vous pouviez venir n'importe quel jour, je pensais que le meilleur jour de votre venue serait le vendredi. »
Conformément aux directives du gouvernement, les chaises en face du bureau de Hazour étaient maintenant placées plus loin pour maintenir une distance de sécurité.
J'étais également content d’avoir acheté un masque facial parce que je me suis vite rendu compte que c'était sur les instructions de Hazour que les habitants d’Islamabad se couvraient tous le visage.
Pendant la Mulaqat, mon masque a glissé sous mon nez à quelques occasions et à chaque fois, Hazour m'a alerté et m'a dit que je devais le remonter. Il m'a également montré comment m'assurer qu'il s'adapte bien à mon visage pour assurer une meilleure protection.
Après le Mulaqat, j'ai quitté Islamabad avec un sentiment de tristesse, voire de chagrin, que je ne verrais pas Hazour pendant une semaine. J'ai essayé de me rappeler que beaucoup d'Ahmadis n'ont jamais pu rencontrer Hazour et donc je devrais continuer à remercier Allah et à être reconnaissant pour Ses bénédictions, plutôt que de me vautrer inutilement dans mon propre changement de circonstances.