Le Sermon de Vendredi dans une mosquée vide


Le 3 avril 2020, je me suis rendu à Islamabad et j'ai fait une demande pour une Mulaqat. La semaine précédente, Hazour n'avait pas été en mesure de livrer son Khutba en raison des restrictions liées à la COVID-19. Cependant, après consultation de certains avocats ahmadis, Hazour a pris la décision de reprendre son Sermon de Vendredi.

C’était certainement un soulagement pour les membres de la Jamaat de voir et d’entendre à nouveau le sermon de Hazour par l’intermédiaire de la MTA.

En raison des  restrictions du gouvernement, le sermon a dû être délivré dans une mosquée vide dans laquelle les seules personnes présentes, à l'exception de Hazour, étaient le Muezzin et un caméraman de la MTA. En regardant le sermon de chez moi, j'ai pensé à quel point il devait être étrange pour Hazour de parler à une mosquée vide.

En entrant dans son bureau, j'ai demandé à Hazour s'il avait trouvé qu'il était contrariant ou difficile de délivrer son sermon de cette manière.


En souriant, Hazour a dit :


« Ce n’était pas difficile du tout! J’ai regardé en direction du Muezzin ou du caméraman et je l’ai traité  comme tout autre sermon ! »


J'ai mentionné que certains avocats ahmadis avaient suggéré que Hazour aurait pu livrer son sermon la semaine précédente, le 27 mars 2020, plutôt que de transmettre un message de son bureau.

 

Hazour a dit :

 

« Un ou deux avocats m’ont donné  leur avis qu’il n’y avait rien qui empêchait de prononcer mon sermon le 27 mars, tant qu’une ou deux personnes seulement étaient présentes à la mosquée. Toutefois, j’ai décidé qu’il n’était pas approprié de délivrer un sermon la semaine dernière en raison des sensibilités de  la période.”

 

J’ai également profité de l’occasion pour mentionner que quelqu’un m’avait demandé comment les défis et les conséquences de la pandémie du coronavirus affectaient l'esprit de Hazour.

 

En apparaissant surpris que cette question ait été posée, Hazour a déclaré:

 

« Est-ce que j’ai  l’air déprimé ? Bien sûr, il y a de la tristesse face à la mort et aux épreuves auxquelles les gens sont confrontés, mais nous avons confiance en Allah et il n’y a donc aucun sentiment de frustration ou de dépression. »

 

En quittant le bureau de Hazour, je lui ai présenté la troisième et dernière partie d’un journal personnel que j’avais écrit sur la tournée de Hazour en Europe en septembre et octobre 2019. Hazour a gracieusement dit qu'il le réviserait quand il aura le temps.

 

                                                Un appel inattendu

Le soir suivant, le 4 avril 2020, vers 19h30, alors que j’étais assis dans notre salon avec mes enfants, j’ai reçu un appel téléphonique du bureau du secrétaire privé. À ma grande surprise, un missionnaire du bureau du secrétaire privé, Ghalib Javaid, m'a informé que Hazour souhaitait me parler. Je n'avais aucune idée de la raison pour laquelle Hazour appelait. Les cinq à dix secondes suivants l'information de Ghalib et le temps que le téléphone se connecte sont passées dans un état de panique et de confusion. Je me suis levé du canapé, j'ai fait des gestes frénétiques à ma femme et à mes enfants pour rester tranquilles et j'ai couru dans ma chambre en essayant désespérément de me calmer.


Après un moment de pause, j’ai entendu la voix de Hazour à l’autre bout du fil.



Hazour a dit :


 « Assalamo Alaikum, kya haal hai ? »

 
Ce qui signifie :


« Assalamo Alaikum, comment allez-vous ? »


Ma voix tremblait. J'avais parlé à Hazour au téléphone plusieurs fois et à chaque fois j'avait trouvé l'expérience extrêmement nerveuse. Quand j'ai l'occasion de rencontrer Hazour en personne, j'ai le temps de me préparer. Pourtant, chaque fois que j'ai parlé à Hazour au téléphone, cela a été soudain et inattendu. Hazour a immédiatement mentionné qu'il avait déjà vérifié le journal et qu'il avait besoin de quelques corrections. J’étais impressionné par le fait que Hazour avait terminé de lire le journal si rapidement, car il était bien long  (plus de 100 pages). Hazour a dit qu'il avait marqué les corrections au crayon et que Ghalib me le scannerait et m'enverrait un e-mail. Toutefois, au cas où si je ne comprenais pas les notes écrites, il appelerai pour les expliquer par téléphone.

Hazour me demanda de me munir d'un stylo ou d'un crayon et j’ai donc regardé dans la pièce de manière rapide ne souhaitant pas faire perdre de temps à Hazour.

 

Connaissant ma personnalité, Hazour disait :

 

"Prenez votre temps, il n'est pas nécessaire de se précipiter !"

 

Je suis donc allé au salon et j'ai trouvé un stylo et une vieille enveloppe, que j'ai ramenée dans ma chambre et j'ai informé Hazour que j'étais prêt. Au cours des dix minutes suivantes, Hazour a identifié plusieurs erreurs dans le texte que j'avais soumis. Par exemple, Hazour a fait référence à une section que j’avais écrite sur le commandement et la compréhension de Hazrat Musleh Maud (ra) de la langue anglaise.

Hazour m'a informé que j'avais écrit l'incident de manière inexacte et il a ensuite expliqué avec beaucoup de patience toute l'histoire.

J'ai été extrêmement reconnaissant et soulagé que Hazour m'ait corrigé parce que lorsque j'ai relu ce que j'avais écrit à l'origine, j'ai réalisé qu'il y avait non seulement des fautes mais aussi qu'il était possible de se retirer du contexte et de réfléchir sur le caractère pur de Hazrat Musleh Maud.

Après avoir corrigé et clarifié quelques points, Hazour a fait référence au fait que j'avais mentionné que certains Ahmadis de Brême-Jamaat en Allemagne s'étaient rassemblés sur un pont pour saluer Hazour d'en haut, alors que la Qafila continuait sur l'autoroute.

Hazour a dit :

 

« Vous avez écrit que vous n'êtes pas au courant si j'ai vu les Ahmadis sur le pont, en fait je les ai remarqués et vous devriez donc le mentionner car cela les rendra heureux ».

 

J'ai dit :

« Hazour, dans le journal que j'ai écrit, je pensais qu'il était dangereux pour eux de se tenir sur le pont, car ils pourraient être une distraction potentielle. Dois-je supprimer ce commentaire?"

 

Hazour a dit :

 

“Non garder votre opinion personnelle. Là où ils seront heureux de savoir que je les ai vus, ils prendront également en considération l’aspect sécurité.”

 

Avant la fin de l'appel, Hazour a déclaré:


« Ces jours, aidez-vous Mala à cuisiner et à faire le ménage ? »


J'ai dit que j'aidais pour le ménage mais pas beaucoup à la cuisine, car je ne voulais pas mettre ma famille dans l'épreuve de manger la nourriture que j'avais préparée! J’ai pris la question de Hazour comme une indication que je devrais aider ma femme Mala autant que possible, étant donné que nous avions un nouveau-né et deux jeunes garçons à la maison. Ainsi, au cours des prochaines semaines, j'ai cuisiné occasionnellement. Mes enfants adoraient ma cuisine, mais Mala et moi l’ont  trouvé un peu moins agréable!

Après que Hazour ait dit « Allah hafiz »

j’ai posé le téléphone et me suis senti incroyablement reconnaissant et émotionnel d’avoir eu la chance de parler à Hazour de manière si inattendue.

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